🇬🇧 | Last June, « Les Tanneries », a self-governed cultural, social and political center in the south of Dijon, organized an event in support of the Zapatista movement. This was an opportunity for two young German journalists to discuss with Fred, one of the activists of the collective, in order to understand the history and the singularity of this alternative place. 

🇫🇷 | En juin dernier, « Les Tanneries », centre culturel, social et politique autogéré au sud de Dijon, organisait un événement de soutien au mouvement zapatiste. L’occasion pour 2 jeunes journalistes allemand.es de discuter avec Fred, l’un des des activistes du collectif, afin de comprendre l’histoire et la singularité de ce lieu alternatif.

🎥 © Lukas Nickel & Julien Le Flohic

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« Les Tanneries » : a self-governed cultural, social and political center in Dijon

Since the 1990s, the Tanneries has been a place that marks the history and politics of the city of Dijon. Fred, in charge of the paperwork and other tasks in the Tanneries, lived through the negotiations and development of the place when the town hall wanted to recover the space, which had been squatted at the time. It’s in 1998 that a group of people who were to become the Tanneries community squats for the first time a disused building, that they have completely cleaned and refurbished. Over the next fifteen years, as Fred describes, the place becomes a large cultural center where concerts and cultural events take place. A strong community of all ages and professions grows.

The support in the population of Dijon is so large that when the city council wants to recover the space to build an eco-neighborhood, the Tanneries community resists. After about two years of negotiation with the town hall, the two parties come to an agreement: the town hall is willing to offer them a building, a former metal factory, that is up to standard to be able to accommodate them, not a raw and abandoned place like the old one. The contract is supposed to last 13 years, and the inhabitants of the Tanneries are rent-free tenants which means: they live there for free and in accordance with the law. According to Fred, even though the collective would have liked to avoid any cooperation with the city, this was the best solution to perpetuate the space. Today, the community is not in contact with the city hall and doesn’t know if and how the lease will be renewed.

At the time of the relocation, the town hall votes for a budget of 1.600.000 euros to renovate the building and build a part of the activity room. According to one of the activists from the Maloka association that Europe Convergence spoke to, “the money the town hall spend on the project was not much compared to the benefits they made by building an eco-neighborhood in the old Tanneries”. Therefore, it would have been a real good deal for the town hall.

In 2015, the Tanneries moved into their new building. Shortly afterwards, the first concerts take already place in the « Tanneries II ». However, the place continues to be renovated and built: the walls are redone, a kitchen is built. A control room, toilets and showers are installed for the musicians who come to perform on stage. The activity space useful for the creation of fanzines, readings or sports, will be finished in 2018 and the living space in 2020. The electricity is also installed by the activists themselves. As a result, the community considers it’s their place, as Fred explains, even though the city hall offered them an already renovated building at the time.

Its history makes the Tanneries a unique place, with a strong community and a huge support; but what might make it even more special is the fact that they started as a group that illegally squatted a place to later become a cultural center that exists in a legal context.

© Claire Lengrand

« Les Tanneries » : centre culturel, social et politique autogéré

Depuis les années 1990, les Tanneries sont un lieu qui marque l’histoire et la politique de la ville de Dijon. Fred, en charge des papiers et autres tâches aux Tanneries, a vécu les négociations et le développement du lieu lorsque la mairie a voulu récupérer l’espace, alors squatté. C’est en 1998 qu’un groupe de personnes qui allait devenir la communauté des Tanneries squatte pour la première fois un bâtiment désaffecté, qu’ils.elles nettoient et réaménagent entièrement. Au cours des quinze années suivantes, comme le décrit Fred, l’endroit devient un grand centre culturel où se déroulent des concerts et des événements culturels. Une forte communauté de tous âges et de toutes professions se développe.

Le soutien de la population dijonnaise est si important que lorsque la mairie veut récupérer l’espace pour construire un éco-quartier, la communauté des Tanneries résiste. Après environ deux ans de négociation avec la mairie, les deux parties arrivent à un accord : la mairie est prête à leur proposer un bâtiment, une ancienne usine métallurgique, aux normes pour pouvoir les accueillir, et non un lieu brut et abandonné comme l’ancien bâtiment. Le contrat est censé durer 13 ans, et les habitants des Tanneries sont des locataires à loyer libre, ce qui signifie qu’ils vivent là gratuitement et dans le respect de la loi. Selon Fred, même si le collectif aurait voulu éviter toute coopération avec la ville, cette solution a été la meilleure pour pérenniser l’espace. Aujourd’hui, la communauté n’est pas en contact avec la mairie et ne sait pas si et comment le bail sera renouvelé.

A l’époque, la mairie vote un budget de 1.600.000 euros pour rénover le bâtiment et construire une partie de la salle d’activité. Selon l’un.e des militant.es de l’association Maloka avec qui Europe Convergence s’est entretenue, « l’argent que la mairie a dépensé pour ce projet n’est pas grand chose comparé aux bénéfices qu’ils ont fait en construisant un éco-quartier dans les anciennes Tanneries ». Par conséquent, cela aurait été une très bonne affaire pour la mairie.

© Judith Eisinger

En 2015, les Tanneries déménagent dans leur nouveau bâtiment. Peu de temps après, les premiers concerts ont déjà lieu dans les « Tanneries II ». Cependant, le lieu continue d’être rénové et construit : les murs sont refaits, une cuisine est aménagée. Une régie, des toilettes et des douches sont installés pour les musicien.nes venant performer sur scène. L’espace d’activités utile à la création de fanzines, en passant par des lectures jusqu’aux sports, voit la fin de ses travaux en 2018 et l’espace d’habitation en 2020. L’électricité est également installée par les militant.es eux-même. Par conséquent, la communauté le considère comme son lieu, comme l’explique Fred, même si la mairie leur proposait à l’époque un bâtiment déjà rénové.Son histoire fait des Tanneries un lieu unique, avec une communauté forte et un soutien énorme ; mais ce qui pourrait le rendre encore plus spécial est le fait qu’ils ont commencé comme un groupe qui a illégalement squatté un lieu pour devenir plus tard un centre culturel qui existe dans un contexte légal.

📝 © Rahel Schuchdart

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